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Orthodontie/Stomatologie

Aphtose buccale récidivante

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J.- L. Stephan

Service de Pédiatrie, CHU de Saint- Étienne, 42055 Saint- Étienne, France

Arbre diagnostique – Commentaires

(1) L’aphte isolé commun est une ulcération de petite taille, de forme arrondie ou ovalaire, à fond jaune, cerné d’un bord rouge régulier, douloureuse, évoluant en 8 à 10 jours. L’aphtose idiopathique bénigne est la forme la plus fréquente : l’enfant présente régulièrement un ou quelques aphtes banals, déclenchés parfois par des contacts alimentaires (agrumes, tomate, noix, gruyère). Dans l’aphtose multiple commune, la durée de chaque élément est de 8 jours, mais l’évolution décalée des aphtes (jusqu’à dix, simultanés ou successifs) prolonge la poussée sur plusieurs semaines. Les éléments de l’aphtose miliaire sont typiques mais de petite taille (2 à 5 mm), nombreux (dix à 100 éléments). Quelquefois, un ou deux éléments sont plus importants. L’aspect de l’éruption est très proche de celui de l’herpès buccal (érosions arrondies post- vésiculeuses), mais il n’y a pas de syndrome général, pas d’adénopathies, et surtout, on ne retrouve aucune lésion péribuccale évocatrice de l’éruption herpétique. En cas de doute, on recherche l’effet cytopathogène d’un frottis du fond d’une ulcération, positif dans l’herpès, négatif dans l’aphtose miliaire.

(2) Dans l’infection herpétique, l’érosion est polycyclique et succède à un bouquet de vésicules sur une base érythémateuse. L’évolution est suintante et douloureuse, parfois croûteuse ou aphtoïde, accompagnée parfois d’adénopathies satellites et d’une fébricule. Les récurrences herpétiques sont rarement strictement muqueuses ; elles surviennent plus souvent sur le vermillon des lèvres et autour. La forme majeure de gingivostomatite fébrile érosive est caricaturale d’une primo- infection herpétique.

(3) Varicelle et zona : les lésions sont similaires à celles de l’herpès, mais plus étendues, endojugales, d’évolution aphtoïde pour la varicelle, ou avec regroupement lésionnel sur le territoire muqueux des nerfs V, VII ou IX en accompagnement d’un zona cutané.

(4) Herpangine, syndrome main- pied- bouche : ces dermatoses aiguës érythémato- bulleuses parfois récidivantes, peuvent être de localisation muqueuse prédominante.

(5) Les lésions muqueuses sont douloureuses, de siège diffus dans la cavité buccale, avec prédominance de l’atteinte labiale. Le diagnostic clinique est évident en présence des lésions cutanées caractéristiques, en cocarde (au niveau des paumes de mains en particulier). Lorsque l’atteinte muqueuse est sévère, la cause est surtout médicamenteuse : toxidermie aux sulfamides, AINS, antibiotiques, barbituriques.

(6) Des stomatites érosives compliquent les agranulocytoses des hémopathies (stomatite avec pseudomembranes) ou les chimiothérapies aplasiantes (anthracyclines).

(7) La maladie de Crohn peut s’exprimer par des ulcérations inflammatoires aphtoïdes, buccales ou péri- anales. En l’absence de manifestation digestive, les granulomes épithélioïdes non caséeux à la biopsie orientent le diagnostic.

(8) Le syndrome décrit pour la première fois en 1987 par Marshall est une maladie périodique fébrile d’étiologie inconnue. En particulier aucune anomalie génétique à l’origine de ce syndrome n’a pu être mise en évidence jusqu’à maintenant. Ce syndrome est caractérisé par des accès fébriles récidivants en moyenne tous les 4 semaines d’une durée de 4 à 5 jours avec des intervalles libres entre les accès fébriles où l’enfant est totalement asymptomatique. La présentation clinique associe à un état fébrile autour de 40 °C avec des aphtes, une pharyngite, parfois des adénopathies cervicales en l’absence d’une infection des voies aériennes supérieures. Le diagnostic est uniquement clinique avec une biologie totalement non spécifique, et nécessite bien entendu l’exclusion des autres maladies caractérisées par des accès fébriles récurrents. Les autres signes inconstants comprennent les douleurs abdominales, des arthralgies sans véritable arthrite, les céphalées, un rash urticarien.

(9) Le syndrome hyper- IgD par déficit en mevalonate kinase (MVK) est caractérisé par la survenue de grands accès fébriles avec frissons, jusqu’à 40 °C, de 3 à 7 jours accompagnés de douleurs abdominales, de vomissements et de diarrhée, parfois d’arthralgies, d’aphtes, d’adénopathies cervicales douloureuses, d’hépatosplénomégalie, des signes cutanés variés (rash urticarien, purpura nodulaire, érythème marginé). Les manifestations apparaissent tôt dans la vie, parfois en période néonatale. Le déclenchement est souvent une infection virale ou une vaccination. Il est de transmission autosomique récessive. Le diagnostic repose sur la chromatographie des acides organiques urinaires (recherche d’une acidurie mévalonique).

(10) Aphte géant : ulcération arrondie de plus de 1 cm, régulière, entourée d’un liseré érythémateux, à base souple. Le caractère bipolaire (orogénital) est caractéristique Rechercher d’autres éléments de ce diagnostic : pseudofolliculites cutanées, hypersensibilité aux points d’injection, uvéite antérieure, atteinte neurologique ou articulaire, phlébite superficielle, HLA B5.

 

Liens d’intérêts

L’auteur a déclaré n’avoir aucun conflit d’intérêts pour cet article.

Références

Chan MH, Wolf JC. Biopsy techniques and treatment of mucocutaneous lesions. Dent Clin N Am 2012;56:43-73.

Akintoye SO, Greenberg MS. Recurrent aphtous stomatitis. Dent Clin N Am 2005;56:31-47.

Dépistage carieux en denture temporaire

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A. Berthet, I. Lopez, L.-F. Jacquelin
Odontologie pédiatrique, centre de soins, d’enseignement et de recherche dentaires, 45, rue Cognac Jay, 51100 Reims, France

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Arbre décisionnel – Commentaires

 L’apparition des caries chez le petit enfant est liée à la conjonction de plusieurs facteurs : alimentation cariogène, présence de plaque bactérienne, brossage insuffisant ou inexistant. Le passage du stade de la carie débutante à la destruction totale de la couronne est souvent extrêmement rapide. Il peut se faire en quelques mois.

À l’occasion d’une première consultation, il est donc important de dépister précocement ces atteintes carieuses pour les stopper, les traiter ou tout simplement pour les prévenir si elles ne sont pas installées :

    Comment les découvrir ?: taches blanches puis marron sur la couronne ou couronne plus ou moins détruite (cf arbre décisionnel) ;

    Que faire ?

—  prodiguer des conseils aux parents : ils se traduisent la plupart du temps, par une « éducation » des jeunes parents ;

—  adresser l’enfant chez le chirurgien-dentiste pour effectuer les soins dentaires.

Pour le petit enfant :

    Quel contenu dans le biberon ?Le lait, aliment de base indispensable pour le petit, possède un potentiel cariogène. Entre les repas, favoriser l’eau puredans le biberon. Eviter les boissons avec du sucre ajouté : eaux sucrées, jus de fruits, sirops, sodas et les boissons gazeuses. C’est l’acidité induite par les sucres qui favorise la décalcification de l’émail. Attention à la transmission de bactéries cariogènes mère-enfant : la maman ne doit pas lécher la tétine du biberon, ni la cuillère ;

    Quelle attitude avec le biberon ?Il ne doit pas être pris toute la journée. Le petit ne doit pas s’endormir avec un biberon ou une tétine sucrée. A 1 an, l’enfant doit abandonner progressivement le biberon au profit du gobelet. Au-delà de 6 mois, la tétée au sein « à la demande » est potentiellement génératrice de caries ;

    la diversification de l’alimentation : elle doit intervenir dès l’âge de 6 mois. Le lait doit laisser progressivement sa place à une alimentation semi-solide (apprentissage à la cuillère) constituée de légumes, de fruits, de céréales, de produits laitiers puis par la suite de viandes, de poissons. C’est là qu’il faut veiller, tout particulièrement, à ne pas donner de façon répétitive et excessive à l’enfant des pâtisseries, des friandises, des biscuits. Il deviendra alors « dépendant » du goût sucré. Il est bien démontré que la consommation de glucides entraîne une cario-susceptibilité non négligeable. Attention aux sirops médicamenteux donnés le soir au coucher… ;

    dès l’arrivée des premières dents(vers 6 mois), elles seront nettoyées au début avec une compresse seule puis avec une brosse à dents « bébé » sur laquelle est déposée une petite noisette de dentifrice dosé à 250 ppm de fluor.

Pour le grand enfant :

    promouvoir le petit-déjeuner souvent délaissé. La collation de 10 heures doit être à base de pain et de fruits. Respecter 4 repas par jour et les heures des repas, pas de grignotage entre les repas, devenu un véritable fléau et en particulier devant la télévision (favorise l’obésité). Encourager l’activité physique.

En conclusion, la prévention reste notre obsession au quotidien. Elle sous-entend une alimentation équilibrée, une hygiène bucco-dentaire maîtrisée et un apport topique contrôlé de fluor.

 

Références

Foray H, D’Arbonneau F, Bailleul-Forestier I, Nancy J, Rousset MM. Rôle de l’alimentation dans la prévention de la carie dentaire. Recommandations de la Société française d’odontologie pédiatrique. Rev Francoph Odontol Pédiatr 2006;1:153-63.

Folliguet M, Landru MM, Benetiere P. Alimentation et risque carieux chez l’enfant. Actua. Odontostomatol 2005;232:317-29.

Rouas P, Thébaud N, Badet C et al. La consultation du risque carieux. J Odonto Stomatol Pédiatr 2005;12:35-48.